Aiguille de la Dibona

Voyage escalade à la Dibona

L’aiguille de la Dibona, fascinante lame touchant le ciel

L’aiguille Dibona est une aiguille culminant à 3 131 m d’altitude. Elle se trouve au cœur du massif du Soreiller, très appréciée par les grimpeurs. Sa forme caractéristique, sa facilité d’accès et la qualité exceptionnelle de son granit ont conduit les grimpeurs à y tracer de nombreux itinéraires qui sont parmi les plus populaires du massif des Écrins.

Historiquement appelée Pain de Sucre du Soreiller, elle doit son nom actuel à Angelo Dibona, son premier ascensionniste, le avec Guido Mayer.

À son pied se trouve le refuge du Soreiller, accessible en 2 h 30 à partir du hameau des Étages.

Visite Obligatoire : une voie mythique et… Obligatoire

Nous sommes partis de Briançon à moto. Ce matin là, il faisait si froid que nous nous sommes arrêtés à la Grave chez un confrère pour lui emprunter une paire de gants de ski. Nos mains et nos corps s’engourdissaient dans ce vent glacial. Je ne sentais quasiment plus les poignées de notre petit bolide.
Quand je lui annonce que nous allons à la Dibona, il est prêt à nous prêter des moufles afin que le trajet nous soit plus confortable. Merci Fred d’Objectif Meije. Tu nous as vraiment réchauffé comme un feu en refuge.
Arrivés au village des Étages, nous avons caché les affaires de moto et enfilé nos tenues de grimpeur-alpiniste.

Le topo disait juste et sans nous presser, nous sommes arrivés au refuge en 2h15. Au détour du torrent,  cette incroyable cime effilée foudroyant le ciel vous accroche du regard. Comme aimantés, c’est ici sans doute que nous gagnons ces 15 petites minutes tant nous sommes excités à l’idée d’enfiler nos chaussons et de parcourir cette ligne si incontournable.

Cette voie à été équipée en 1988 par Pascal Junique (avec Laurent Belluard et William Legrand pour les 3 premières longueurs). Depuis elle n’a de cesse d’être grimpée par une foule de passionnés de granit et de lignes esthétiques.

 

Départ pour l'Aiguille de la Dibona

Départ pour l’Aiguille de la Dibona

 

La Dibona : elle a tout d’une grande

Dès la première longueur, nous sommes fascinés par l’incroyable compacité de la face de la Dibona. Il n’est pas rare dans l’Oisans de rencontrer du rocher un peu plus délité. Ici en l’occurrence, il n’y a rien à envier au massif chamoniard. Nous nous régalons et nous ne sommes qu’au début de nos surprises.

Les longueurs s’enchainent et aucune n’est à jeter. Des dalles aux reliefs pommelés, aux fissures si confortables. Des galets ronds comme perdus au milieu d’une mer de granit lisse, aux écailles incroyables, fines et résistantes.

Nous attaquons la voie à 14H30 et décidons vu le froid ambiant, et celui du trajet de nous arrêter à la vire Boell.
Aujourd’hui nous sommes en escalade moderne, nous grimpons avec un seul brin de corde et allons tester pour la première fois un matériel tout juste breveté et sorti de l’emballage : l’escaper.

Un système qui nous permet de descendre sur notre unique brin de 50 mètres par un judicieux système de machard éjectable. Nous la récupérons après quelques manip un peu fastidieuses mais pour le moins efficaces et répétons l’opération autant de fois qu’il y a de rappels.

En 5 rappels nous regagnons le refuge. La bière sera peut-être remplacée par un chocolat chaud…non, oui, non… non : définitivement non.

La Dibona ou Lady Bona

Le lendemain matin, après avoir dormi comme 2 pierres au fond du Verdon, c’est à dire profondément malgré les bruits environnants et le vent aux fenêtres, nous déjeunons à la hâte et partons pour Lady Bona. Une voie ouverte sur l’Aiguille de la Dibona par Monsieur Philippe Mussato, grimpeur aux itinéraires gâtés, comme son livre en témoigne. Équipeur passionné que je connais depuis ma plus tendre enfance.

J’ai appris à grimper entre guillemets grâce à lui, sur les calcaires de la Chambotte à Aix-les-Bains. Toute ma gratitude lui revient. L’esthétique de ses lignes, l’air entre les points et la précision exquise demandée aux chaussons dans toutes ses voies, ont fait de moi, en toute humilité, un grimpeur qui aime la verticalité dans sa plus grande simplicité. Le mot adhérence aurait-il été inventé à son intention de par l’exigence de ses œuvres ?

Une danse sur la Dibona

Nous avons décidé de tenter un combo qui nous avait l’air intéressant. La veille, arrêtés à un relais commun de ces 2 voies, celui du 7a de Lady Bona, nous allons terminer Visite Obligatoire.

Je crois que des voies parcourues en Oisans, cette ligne comptera parmi les plus belles et les plus esthétiques. Après la vire Boell, les dernières longueurs de Visite sont de vraies pépites. Un 6a sur légèrement déversant, nous a rendu totalement hystérique. Des écailles toutes plus résistantes et confortables les unes les autres sur 45 mètres d’escalade. Magique !

Jusqu’à ce sommet extraordinaire, cette Aiguille de la Dibona enfin atteinte, nous n’avons cessé d’être passionnés, curieux, tenus en haleine, de surprises en surprises.

Un parfait Combo

Cette idée était une réussite. Ce sommet : un rêve. Je n’étais pas revenu sur cette Aiguille de la Dibona, sinon l’année dernière pour encadrer un stage CAF sur la voie des Nains. À ma première visite j’avais pour ma liste de guide, en 2010 environ, grimpé la voie des savoyards et la direct 76 sur la Tête du Rouget.

Aujourd’hui, sans aucune hésitation, je déclare avoir découvert la vraie Dibona. La pure, la belle, l’attirante et délicieuse Dibona.

Quel plaisir redoublé, de partager avec toi, vies et envies. Dans la noblesse du mot fierté je te dis bravo et merci. Quelle que soit la difficulté rencontrée, la confiance de notre cordée sait affronter, endurer, éprouver, mais ne jamais lâcher. Je sais que je peux compter sur toi maintenant et n’importe où, à travers le temps.

Sommet de l'Aiguille de la Dibona

Sommet de l’Aiguille de la Dibona

 

Good Bye Miss Dibona

Il est temps de redescendre par les pentes neigeuses de la voie normale de la Dibona. Puis retrouver le refuge et son si bel accueil. Enfin terminer la course et quitter cette balançoire perdue dans les alpages des Écrins.

Je reviendrai pour y passer des séjours avec vous, chers voyageurs, car j’ai comme dans l’idée que vous y trouverez refuge… bonheur et plénitude.

Trois jours, pourquoi pas quatre, du Rouget à l’Aiguille, pour vibrer ensemble dans ces lignes poétiques.

Benjamin votre guide.

 

 

 

 

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